
Le Sénat vient d’examiner, en deuxième lecture, la proposition de loi portant création d’un statut de l’élu local.
Ce texte, attendu depuis de nombreuses années, constitue une étape essentielle pour mieux reconnaître, accompagner et sécuriser l’engagement de celles et ceux qui, chaque jour, font vivre nos collectivités.
Il apparaît plus que jamais nécessaire de répondre à leurs inquiétudes, d’enrayer la crise de l’engagement liée à la dégradation des conditions d’exercice du mandat et d’éviter de pénaliser financièrement les citoyens ayant choisi de s’engager localement, en faveur de l’intérêt général.
Tout au long de son examen, le Sénat a assuré son rôle de chambre des territoires, soucieuse de l’équilibre entre exigences institutionnelles et réalités locales. Dans un esprit constructif, le sénat a amélioré le texte, conforté les droits des élus et garanti que les dispositifs prévus soient applicables sur le terrain.
Parmi les principales avancées du texte :
- Une revalorisation des indemnités des maires et adjoints des communes de moins de 20 000 habitants, reconnaissant ainsi le poids croissant des responsabilités assumées, notamment dans les petites communes où les élus sont souvent en première ligne.
- La fin de l’écrêtement des petites retraites des élus locaux agriculteurs. La pension au titre du mandat sera désormais versée en sus et non plus absorbée par la revalorisation de la retraite agricole.
- Le cumul emploi-retraite (CER) des élus locaux est désormais possible et aligné sur celui prévu pour les salariés du régime général. Les élus locaux pourront ainsi liquider leur pension en cours de mandat, continuer à cotiser et acquérir de nouveaux droits. Cet amendement prévoit également la majoration de la durée d’assurance retraite d’un trimestre par mandat exécutif complet, dans la limite de 3 trimestres supplémentaires.
Il sécurise le régime de protection fonctionnelle, dorénavant accordée de manière automatique à tous les élus victimes d’agressions, de menaces ou d’outrages. - Les aides à la garde d’enfants, l’assistance à domicile, sont élargis à l’ensemble des élus locaux, non plus aux seuls titulaires de fonctions exécutives, pour que l’exercice du mandat reste compatible avec la vie personnelle et familiale.
- Le délit de prise illégale d’intérêt, longtemps dénoncé pour son caractère excessif est clarifié. Sans affaiblir les exigences déontologiques, cette réforme apporte la sécurité juridique indispensable à une action publique exercée de bonne foi.
Ainsi, un élu membre de deux collectivités territoriales ou d’une collectivité territoriale et d’un EPCI, peut désormais, lorsque la première collectivité se prononce sur une affaire qui intéresse la seconde (par exemple, l’octroi d’une subvention), siéger aux deux sans que la délibération soit entachée d’illégalité. Dans la mesure où la décision intéresse deux collectivités publiques, qui relèvent de deux intérêts publics, il n’y aura pas de prise illégale d’intérêt au sens du code pénal. - Plusieurs simplifications concrètes : recours facilité à la visioconférence, amélioration des conditions d’exercice des mandats dans les communes rurales, reconnaissance accrue de la situation des élus en situation de handicap, …
- Enfin, un contrat de sécurisation de l’engagement, géré par France Travail, permettra de faciliter la réinsertion professionnelle en fin de mandat. Cette mesure vient compléter un ensemble cohérent de dispositions qui font de ce texte la première pierre d’un véritable statut protecteur et attractif pour l’élu local. Le texte renforce en outre les droits à la formation et à la validation des acquis de l’expérience (VAE).
Par son approche pragmatique et équilibrée, le Sénat a réaffirmé son rôle essentiel de défense des élus et des collectivités.
La proposition de loi doit maintenant être examinée en deuxième lecture par l’Assemblée nationale. Le Sénat restera attentif à ce que les députés confirment ces avancées majeures et permettent une entrée en vigueur rapide de la loi.








