Une Élue en action

Le 9 juillet, les parlementaires ont été réunis en Congrès à Versailles pour entendre le Président de la République faire un bilan et donner du sens à son action...

Depuis un an, des réformes importantes, et longtemps reportées, ont été engagées. Tel est le cas des ordonnances, qui ont assoupli le code du travail pour donner aux entreprises de nouvelles marges de manœuvre. De même, nous avons voté la réforme de l’accès à l’université. Sur ce sujet, le Gouvernement a eu l’audace de poser les jalons d’un changement plus profond. Le nouveau pacte ferroviaire constitue aussi une réforme substantielle qui réorganise  l'entreprise et transpose les directives européennes d’ouverture du rail à la concurrence. Force est de constater que la France a retrouvé une place européenne et nationale. Ceci est à mettre au crédit du nouveau Président.

L’embellie de la conjoncture économique nous permet enfin de rentrer dans les critères budgétaires européens.

S’il a longuement développé sur « le gâteau » et la création de richesses, en revanche, le Président a peu expliqué comment mettre en place une plus juste redistribution !

Les signes d’un essoufflement prématuré du quinquennat sont nombreux, trop nombreux pour être passés par pertes et profits.

Où est le cap ? Vendre la France à Versailles et Davos ne fait pas une politique économique, privatiser le groupe ADP ne fait pas une politique industrielle, supprimer la taxe d’habitation ne fait pas une politique fiscale, et bénéficier de la croissance ne fait pas une politique de redressement des comptes publics.

La critique est notamment territoriale. Après la baisse des dotations, la suppression de la taxe d’habitation et de 120 000 contrats aidés, la fermeture de classes de primaire dans les campagnes, sans parler des craintes qui subsistent sur le maintien des petites lignes ferroviaires, c’est peu de dire que les territoires ruraux se sentent les victimes de ce début de quinquennat. Au terme de la révision constitutionnelle, même la représentation des territoires sera minorée. Dans cet hémicycle, près de 280 sièges auront disparu. Pourtant réduire le nombre de parlementaires n’est pas une fin en soi. L’important, c’est qu’ils aient demain plus de moyens de contrôle. Raccourcir de quelques jours un des segments de la fabrique de la loi est une bonne chose si, derrière, le rythme de publication des décrets d’application suit.

Par ailleurs tout semble remonter au sommet de l'État. L'ensemble de l'action gouvernementale se concentre à l'Elysée. Le Parlement exécute...

 Fait majeur, demain, après la réforme constitutionnelle, il y aura plus de membres du corps préfectoral que de parlementaires, donc plus de représentants de l'État que d'élus !

Cela interpelle sur le bon fonctionnement de notre modèle démocratique  !

Sans le Parlement, la France ne pourra être réformée, pas plus que l'Europe ne pourra être relancée.