Une Élue en action

La Commission européenne s'engage actuellement dans des accords de libre-échange, lourds de conséquences pour les économies des pays membres : après le CETA, le Mercosur, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, demain le Japon...

 

Ces accords ouvrent des opportunités pour certaines filières (produits pharmaceutiques, vins, fromages...) mais menacent durement d'autres et principalement l’élevage. En effet, d'importants contingents de viande bovine et ovine vont venir concurrencer des viandes françaises et européennes soumises à des contraintes sanitaires et environnementales plus exigeantes et donc plus coûteuses.

Dans ce contexte on peut s'inquiéter de la capacité de nos producteurs nationaux à résister à cette concurrence "déloyale".

On peut également s'interroger sur l'intérêt même d'édicter des normes sanitaires françaises et européennes si, dans le même temps, nous laissons entrer sur nos marchés des produits ne respectant pas ces mêmes règles !

Où est le respect du consommateur européen dans tout cela ?

Sommes-nous réellement en capacité de lui garantir la qualité sanitaire et environnementale des produits qui lui sont proposés ?

Ces négociations s'inscrivent dans une période de "confusion des forces en présence" en matière de commerce et de libre échange international. L'OMC est "fragilisée" par le recul des États-Unis, les revendications de la Chine et les hésitations du Japon.

Dans cet environnement incertain, la France apparaît comme la puissance en capacité d'affirmer de nouvelles règles, du fait du leadership pris en Europe et à l'occasion des accords de Paris.

Dans ce contexte d'accords "non mixtes", c'est à dire où les parlements nationaux ne sont pas associés aux négociations européennes, le Sénat a pris l'initiative d’une résolution visant à imposer le respect des normes sanitaires et environnementales européennes et la réciprocité dans les échanges commerciaux multilatéraux de l'UE.

Il préconise en outre le contrôle vigilant des volumes cumulés par les différents traités et l'analyse des conséquences sur les marchés européens, notamment du fait du Brexit.

Autant de garde-fous essentiels qui devraient constituer au plus vite le socle des nouvelles règles du commerce international !

Reste à savoir si le Président de la République voudra et saura imposer cette nouvelle donne au niveau européen, voire même à l'OMC !