Une Élue en action

 

Manifeste pour une ruralité vivante et attractive : l’enjeu agricole !

La ruralité est une composante essentielle du paysage européen et tout particulièrement français.
Les zones à prédominance rurale couvrent 57% du territoire de l'Union Européenne et accueillent 24% de la population.

Ces espaces sont riches de diversité, tant d'un point de vue géographique, qu'économique ou démographique.

Tous sont plus ou moins confrontés à des défis liés à l'évolution des activités traditionnelles, à la mondialisation des marchés, à  l'apparition de nouveaux usages de l'espace et des ressources, à l’évolution climatique.

La viabilité et la compétitivité des exploitations agricoles, le niveau des revenus des agriculteurs comme notre capacité à assurer l'indépendance alimentaire de notre pays, sont devenus des défis majeurs dont les enjeux sont malheureusement minimisés voir ignorés dans le débat public actuel.

Globalement, depuis 1990, les campagnes gagnent des habitants, mais ce dynamisme se concentre dans certaines régions. 
Onze millions de français vivent à la campagne. Près de la moitié sont en zones isolées.
Des inégalités s'accentuent, liées à la carence de services, qui pénalise encore plus certains territoires.

 

Les facteurs d’attractivité des espaces ruraux sont bien connus :

- Les infrastructures collectives de transports qui désenclavent (routes, voies verrées mais aussi fluvial);

- Les TIC : le numérique haut débit est désormais un outil indispensable au même titre que les infrastructures routières, d’eau ou d’électricité. Il répond a un besoin quotidien des populations dans tous les domaines d'activités.
Il est essentiel au tissu économique, social, culturel et humain des territoires ruraux comme urbains;

 - Un réseau d'établissements éducatifs : les acteurs institutionnels et économiques des zones rurales s'efforcent de maintenir une stabilité sociale, en préservant des formations et des filières d'enseignement supérieur de proximité, pour répondre au besoin des entreprises locales comme aux attentes de certains jeunes qui aspirent à rester au Pays;

- Les commerces de proximité essentiels au quotidien;

- Le maintien des services de l’Etat, dont le maillage territorial est un relais de la République autant qu'un soutien administratif pour les collectivités ; et parmi eux notamment la gendarmerie, les services d'incendie et de secours pour garantir la protection des biens et des personnes;

- La médecine de proximité: la démographie médicale diminue dangereusement dans les zones rurales. Tandis que les besoins augmentent avec le vieillissement, les professionnels se concentrent dans des zones sur-dotées. 
Face à ce paradoxe, les pouvoirs publics ne pourront pas échapper à un encadrement des implantations pour  rééquilibrer.

L’ensemble de ces services participe aux besoins quotidiens tout autant qu'à l'attractivité d'un territoire. Ils en sont les pièces maîtresses, les piliers fondateurs.

 

L’agriculture: une activité structurante pour la ruralité et pour la France

La France: un pays rural et agricole

Le territoire agricole occupe 28 des 55 millions d'hectares que compte la France métropolitaine. L'agriculture productive a façonné, siècle après siècle le visage de la France, tout en assurant l'entretien des paysages. Depuis l'après-guerre, la population agricole diminue : 467 591 agriculteurs au 1er janvier 2015 contre 664 000 en 2000, déstabilisant l'économie des territoires ruraux. Les agriculteurs demeurent néanmoins des acteurs essentiels de l'économie à tous les échelons.

 

L'agriculture: une économie d'avenir

Près de 5 millions d’emplois dépendent de l’agriculture, soit près de 18% de la population active. L’agriculture reste un secteur clé de l’emploi national à très fort potentiel de croissance: + 70% à l’horizon de 2050, en raison de l’explosion démographique mondiale.

Aujourd'hui et plus encore dans le contexte géopolitique actuel, la production alimentaire est devenue un enjeu stratégique pour l'économie nationale, européenne et même mondiale. Les grandes puissances comme la Russie et les Etats-Unis l’ont bien compris.

Nous vivons une mutation socio-économique de la société qui bouleverse le monde agricole avec des problématiques de compétitivité et de mondialisation nouvelles:

·      les instruments publics de régulation et de financement, qui avaient équilibré le secteur depuis 70 ans, cessent progressivement avec l’élargissement de l’union européenne et l’arrivée des Pays de l’Est, qui deviennent eux-mêmes de nouveaux concurrents agricoles, largement aidées en cela par les fonds structurels européens;

·      les marchés européens se fragilisent face à une concurrence européenne et mondiale fondée sur le dumping social qui tire les prix vers le bas ;

·      les normes et les contraintes environnementales européennes « sur transposées » en droit français se multiplient, créant des distorsions de concurrence;

·      la création et la transmission d'exploitation sont menacées. Entre 1997 et 2010, on assiste à une baisse historique d’installation en agriculture. En 10 ans 90 000 exploitations ont disparues;

·      la dynamique d’agrandissement des exploitations transforme le fonctionnement, la charge de travail ainsi que la viabilité et la «vivabilité » du métier d’agriculteur sur des exploitations de plus en plus grandes;

·      la mécanisation croissante du travail poussée par l’innovation, en agriculture comme ailleurs, induit des investissements massifs. Elle incite à se regrouper sous différentes formes sociétaires ;

.      60.000 hectares de terres disparaissent chaque année, dont la moitié de terres arables, au profit du reboisement, de l'habitat, des voies de circulation, des zones d'activité économique et des zones de loisirs.

 

Confrontée à tous ces phénomènes, l'agriculture française peine à s'adapter.
Les revenus des agriculteurs diminuent depuis 1992, suscitant faillites et drames humains (un suicide tous les deux jours).

 La réforme de la PAC a malheureusement  rendu notre modèle agricole français obsolète. La concurrence des marchés européens et mondiaux le contraint désormais à:

·      augmenter la taille moyenne des exploitations;

·      viser des rendements plus élevés pour survivre;

·      se diversifier pour se procurer un revenu décent, au détriment de l’innovation et d’une exploitation durable.

Perte estimée en 2016 pour la Ferme France : 4 à 5 milliards € !

 

La succession d'événements exogènes liés aux changements climatiques achève de déstabiliser le monde rural et agricole. Depuis plusieurs mois les filières agricoles connaissent des difficultés économiques conjuguées qui frappent toutes les filières, bovine, porcine, ovine, laitière et céréalière !

Les agriculteurs, dont certains n’ont pas eu de revenus depuis 4 ans, se retrouvent dans une impasse par l'effet cumulé:

·      d'une crise conjoncturelle marquée par la chute des prix et des revenus agricoles alors que les niveaux d’endettement sont au plus haut;

·      d'une crise structurelle, accentuée par notre perte de compétitivité liée à une politique sociale et fiscale discriminante;

·      de relations commerciales déséquilibrées entre producteurs et acheteurs en raison des monopoles installés qui imposent une forte volatilité des prix;

·      d’un manque de cohérence et de dynamisme de l’export français au regard des besoins du marché ;

·      parfois même d'un changement de pratiques alimentaires qui impacte les éleveurs notamment de viande bovine.

 

Pouvons-nous laisser notre agriculture familiale productive, fleuron de notre économie,   disparaître  comme cela a été le cas pour les filières textile ou métallurgique ?

Pouvons nous laisser notre alimentation nous échapper au profit d'une industrie agro alimentaire mondialisée qui ne répond pas à nos critères de qualité de production?

Sommes nous prêts à voir disparaître ces milliers d’emplois directs et les productions de nos terroirs? S’appauvrir nos territoires et partir en friches nos paysages?

Avec ce que cela induit en matière de désertification des campagnes, de qualité d'environnement?

Quelle stratégie la France doit-elle engager à l'aube d'un nouveau mandat présidentiel pour renouveler l’agriculture française, moteur économique, social et humain de la France et de sa réalité rurale?

 

Pour une agriculture de production

Parce que l’agriculture est une chance pour notre pays, son économie, ses emplois et son environnement, donnons-lui des perspectives pour se renouveler et impulser une véritable dynamique économique dans nos territoires ruraux.

·      Replaçons l’agriculture au cœur des politiques nationales et des initiatives internationales;

·      Donnons la priorité à la production et à l’innovation ;

·      Réformons la PAC pour assurer l’autonomie de l’Europe et le défi alimentaire mondial, et valorisons nos relations privilégiées avec le bassin méditerranéen;

·      Faisons de la PAC 2020 un réel levier au service des agriculteurs confrontés à la volatilité des prix et aux aléas de l’activité agricole;

·      Pour plus de compétitivité, adaptons la fiscalité aux spécificités agricoles, confortons l’assurance récolte dans la politique de gestion de risques, le soutien à l’investissement productif en utilisant tous les leviers financiers mobilisables;

·      Simplifions les normes en agriculture, assurons nous de leur applicabilité et de leur mise en oeuvre effective chez nos voisins;

·      Assurons des revenus décents aux agriculteurs par un juste prix de vente de leurs produits;

·      Mettons en place une TVA sociale répercutant le coût de la protection sociale sur le prix des produits consommés, afin de soutenir nos exportations;

·      Remettons le métier d’agriculteur au cœur de notre société : valorisons le professionnalisme et le travail constant des agriculteurs, acteurs incontournables de l’économie rurale.

 

La France dispose d’une organisation sanitaire et phytosanitaire performante et reconnue, qu’il faut encourager ! Elle repose sur des compétences à la fois scientifiques et techniques, et sur un dispositif associant l’ensemble des acteurs publics et privés concernés : groupements d’éleveurs et d’agriculteurs, opérateurs de la chaîne alimentaire, vétérinaires, maillage départemental des services publics…

D’où l’intérêt majeur à développer des plans d’actions visant à mieux prendre en compte l’enjeu sanitaire, mais aussi économique et environnemental pour nos territoires ruraux, en valorisant le travail de l’agriculteur et en consolidant les liens entre le monde agricole, les acteurs de la santé et de la protection de l’environnement !

Bien que les changements dans les modes de production ou d’élevage impactent notre environnement, il est mis en évidence aujourd’hui que les travaux agricoles participent à l’équilibre de nos écosystèmes en développant des phénomènes de résistance naturels.

D'ou l'importance d'encourager l’approche intégrée de la santé prônée par le concept One health / Une seule santé.

Il appréhende la sécurité sanitaire  dans une perspective globale et transversale, intégrant santé humaine, santé animale, santé végétale et santé des écosystèmes et de la biodiversité. Le concept One health prend en compte les liens étroits qui existent entre ces éléments et l’agriculture.

 

Un des enjeux du 21 siècle sera de nourrir la planète et ses 8 milliards d'êtres humains.

Pour toutes les raisons évoquées, humaines et sanitaires, environnementales et paysagères, économiques et sociales, le potentiel agricole français est une formidable opportunité, un levier et une solution, que nous devons activer !