Une Élue en action

Mes réflexions sur l'actualité parlementaire du mois de janvier.

 

Ce début d'année 2016 est marqué par les indécisions du gouvernement sur la révision constitutionnelle. A ce jour, la dernière proposition vide la démarche initiale de son sens puisqu'elle revient a autoriser une procédure de déchéance de nationalité déjà possible dans le droit français existant. Demeurent les dispositions relatives à l'état d'urgence qui seraient précisées et définies dans le temps.

L'autre grand sujet du mois aura été l'examen au Sénat du projet de loi de reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Je me suis abstenue sur ce vote. En effet, la préservation de la biodiversité est une priorité déjà largement intégrée par les Français. Même si la sensibilisation et les efforts en ce sens doivent être maintenus et renforcés, je ne partage pas la méthode du gouvernement qui consiste à créer une agence (AFB), qui vient s'empiler sur l'édifice existant d'offices et autres organismes déjà compétents en la matière. 

Cet établissement public, appelé à assurer le « leadership » en matière de biodiversité fusionne quatre organismes : l’Agence des aires marines protégées, l’établissement public Parcs nationaux de France, l’Atelier technique des espaces naturels et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema). La forêt n'y figure même pas! Comment parler biodiversité en écartant les écosystèmes forestiers, reconnus deuxième source de biodiversité lors de la COP 21? Peut être est-ce simplement pour éviter d'avoir à dialoguer avec les forestiers de métropole, trop attentifs et vigilants aux initiatives des pouvoirs publics en la matière, pour prendre le risque de les associer aux décisions de la nouvelle Agence! L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) n'est d'ailleurs pas plus convoqué à la table des discussions.

Cette fâcheuse tendance française à empiler de nouvelles structures qui s'additionnent aux précédentes semble bien enracinée. Voilà vite oubliés, nos discours  de simplification, de lutte contre l’inflation législative et l’empilement des normes. 

J'aurais été plus favorable a renforcer les pouvoirs et les moyens des structures existantes qui effectuent, en toute connaissance de causes, un véritable travail de proximité sur le terrain.

 

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