Une Élue en action

Mon édito de septembre 2015

 @Sénat

La rentrée parlementaire est marquée par l'arrivée au Sénat du projet de loi de modernisation du système de santé.

Les sénateurs sont appelés à se prononcer le 6 octobre prochain : l'occasion de soulever la difficile question de la désertification médicale.

Trois millions de Français vivent dans un désert médical. En Côte-d'Or, le nombre de médecins généralistes a reculé de 6.4 % entre 2007 et 2013 pour atteindre le nombre de 512 (soit 10 pour 10 000 habitants). Notre département souffre d'une densité très faible en termes de médecine spécialisée. Il n'atteint pas 1 spécialiste pour 10 000 habitants quand il s'agit d'ophtalmologistes, de pédiatres, gynécologues ou psychiatres.

Pour lutter contre ces très fortes disparités territoriales, la Commission du Développement durable du Sénat proposait d'étendre à la profe ssion médicale le dispositif de régula tion à l'installation qui existe déjà pour tous les autres professionnels de santé.

Pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes, chirurgiens-dentistes et orthophonistes, sont en effet régis par ce mécanisme fondé sur la règle « une entrée pour un départ ».

Ainsi, appliqué aux médecins dans les zones sur-dotées, le conventionnement d'un médecin libéral à l' assurance-maladie ne pourrait intervenir que si un médecin libéral cessait son activité dans cette même zone.

Avec de nombreux collègues, nous avons défendu cet amendement qui n'a malheureusement pas été adopté en séance, au profit d'une mesure complaisante.

Pourquoi refuser d'appliquer aux médecins généralistes une mesure qui a fait ses preuves, auprès des autres professions de santé ?

Dans toutes les professions précitées, dès lors que ce dispositif a été mis en oeuvre, un rééquilibrage dans la répartition territoriale de ces professions a é té mis en évidence.

Force est de constater aujourd'hui, que les dispositifs incitatifs existants ne suffisent pas !

Le Pacte Territoire Santé du gouvernement ne se révèle pas à la hauteur des enjeux !

L'urgence est réelle dans nos campagnes sans médecins.

A défaut de cela, l'option retenue rend obligatoire une négociation entre l'assurance-maladie et les syndicats de médecins libéraux sur les conditions d'installation des praticiens en zone

sur-dense et sous-dense, à horizon 2016, dans le cadre de la future convention médicale.

On le sait, une obligation de négocier n'offre aucune garantie de succès... Le temps n'est plus aux discours mais à l'action. L'angoisse de nos concitoyens grandit. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de mettre en place une mesure qui répond à l'intérêt général et ne coûte pas plu s chère à la collectivité?

Je ne manquerai pas de revenir sur ce sujet. 

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