Une Élue en action

Les cheminots ont entamé une grève le 3 avril 2018 pour protester contre le projet de réforme de la SNCF.

La méthode heurte car le gouvernement a choisi de mener en parallèle les concertations avec les acteurs et le débat parlementaire.

J'ai rencontré les représentants de l’Intersyndicale Cheminote de Bourgogne-Franche-Comté pour faire un point.

Ils regrettent que de nombreuses dispositions introduites dans le projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire » n’aient pas fait l’objet d’études d’impacts.

Ils pointent le risque d'un transfert des coûts vers les collectivités territoriales dans le cadre de l’ouverture à la concurrence progressive et craignent la fermeture de lignes dites "non rentables", pourtant essentiel au maillage des territoires ruraux.

Il est vrai qu'en se dégageant du renouvellement et de la modernisation des réseaux secondaires, l’Etat va susciter des inégalités territoriales supplémentaires.

Les 143 024 salariés du Groupe Public Ferroviaire (GPF) sont répartis dans trois entreprises : SNCF Réseau, SNCF Mobilités et SNCF Epic de tête. Conscients des dysfonctionnements de la SNCF, due à ce cloisonnement et à la mise en place de la gestion par activités, ils sont favorables à plus de cohésion et de complémentarité dans leurs métiers.

Tous occupent des métiers exigeants de technicité, indispensables à la sécurité des circulations ferroviaires (voyageurs et marchandises).

Les débats du Sénat s'avèrent donc essentiels pour trouver un consensus et apaiser ce conflit préjudiciable pour les usagers, la SNCF autant que les cheminots. 

Les propositions sénatoriales s'efforcent de répondre aux inquiétudes de ces derniers, tant sur leur avenir du fait de la remise en cause du statut et de l'ouverture à la concurrence, que sur le maillage du territoire et de la préservation d'un réseau désenclavant les zones rurales.