Une Élue en action

J'ai attiré l'attention de Mme la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la réforme du bac sciences et technologies de l'hôtellerie et de la restauration. Applicable à la rentrée 2015, elle suscite de vives réactions sur le territoire, car elle s'apprête à modifier très fortement la cohésion et la cohérence de la formation.

©Journal Sud Ouest

En privilégiant un enseignement plus virtuel que pratique, elle remet en cause un élément essentiel de la réussite des élèves : les travaux pratiques. Ces cours, qui relèvent des domaines professionnels (cuisine, restaurant, hébergement), seront drastiquement diminués, alors que l'attractivité de cette filière technologique est justement liée à la complémentarité des enseignements théoriques et pratiques. 

Comment, dans ces conditions, apprendre à cuisiner, à servir un client, à le renseigner à la réception de l'hôtel en regardant des vidéos ?

La réforme s'attaque également au système actuel des stages de formation de huit semaines en seconde et huit semaines en première portant sur les trois valences (service, cuisine, réception), qui permet précisément une mise en situation où l'élève est acteur de sa formation et non observateur. En prévoyant un abaissement à quinze jours de stage d'observation en seconde, et dix jours filés en première, il est fort à craindre que ces jeunes éprouvent un sentiment de frustration et perdent une grande partie de leur motivation. 

Enfin, la refonte des programmes de la classe de seconde impose un renforcement de l'enseignement général. Les enseignements techniques seront survolés pour s'éloigner un peu plus des objectifs primitifs de la formation. Cette mesure est contraire aux spécificités de la filière technologique hôtelière tant par son histoire, sa culture, ses objectifs et surtout sa vocation à former aux métiers de demain. Alors que le secteur du tourisme génère deux millions d'emplois directs et indirects et pèse plus de 7 % de notre produit intérieur brut, la restauration et l'hôtellerie comptent à elles seules pour 75 % de ces emplois. 

Hommage doit être rendu à ces établissements qui créent de la richesse sur notre territoire et transmettent leurs savoir-faire aux jeunes à travers un dispositif qui a fait - et continue de faire - ses preuves. Je l'ai interrogée donc sur ses intentions à l'égard d'un outil de formation qui a fait ses preuves et qui répond aux exigences des professionnels dans un secteur porteur d'emploi, où chacun trouve sa place et un salaire à l'issue de la formation. Je m'inquiète des conséquences de la réforme sur l'avenir de la filière et l'image de la gastronomie française. 

Réf.: Question n° 16137 

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