Une Élue en action

Je participe au groupe de suivi de la Loi EGALIM mis en place par la commission des affaires économiques du Sénat. Nous venons de rendre un premier rapport d'étape de la Loi, un an après son adoption.

A ce stade, toutes les parties y compris le Ministre de l'agriculture lui-même reconnaissent que "le compte n’y est pas pour les agriculteurs".

Un an après son adoption, la loi se traduit par de l’inflation pour le consommateur qui ne se retrouve pas dans la rémunération des agriculteurs.

Qui a donc bénéficié de cette inflation ?

 Le pari initial était fragile. Il tablait sur le "ruissellement" des recettes liées à la hausse du seuil de revente à perte (+ 10%) et perçues par les industriels au profit des producteurs.

A ce stade, pas ou très peu de ruissellement, les bénéfices ayant principalement été encaissés par les grands industriels pour reconstitues des marges quelques peu entamées ces derniers mois.

L’inflation sur certains produits a également permis de financer des baisses de prix sur des produits d’appel sous marque de distributeur (MDD) fabriqués le plus souvent par des PME et sur les produits non alimentaires d’hygiène et d’entretien.

Paradoxalement, la loi Egalim aboutit donc à pénaliser les entreprises qu’elle entendait renforcer, à savoir les PME et les entreprises coopératives.

Pendant ce temps, les agriculteurs sont confrontés à des charges grandissantes, s'accompagnant de baisses de rendement et d'un agri-bashing rampant.

Leur revenu n'a pas évolué dans le bon sens mais cela aurait été difficile car el s'attaquant aux prix, la Loi EGALIM ne s'intéresse qu'à 1/3 des revenus de l'agriculteur.

Les PME sont les grandes victimes de la loi. Elles perdent des places dans les linéaires et sont privées de l’instrument promotionnel pour concurrencer les grandes marques.

Parmi elles, les PME vendant des produits saisonniers sont les plus en danger à défaut de soutien de leurs ventes par des promotions. Certaines accusent un recul de plus de 50 % depuis janvier.

Pour corriger ces effets pervers, une proposition de loi comportant 3 mesures d’urgence sera déposée au Sénat. Sans remettre en cause l’intégralité de la loi, qui doit aller au bout de l’expérimentation, elle vise à prendre les mesures nécessaires pour éviter que des entreprises alimentaires ne ferment avant fin 2020.

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