Une Élue en action

Lors de la séance de questions au gouvernement du 9 octobre, j'ai alerté hier le Ministre de l'Agriculture sur les difficultés, notamment liées aux changements climatiques, rencontrées par la forêt française.

A Biarritz comme au sommet de l’ONU, le Président Macron a souligné l'importance de la forêt en matière de lutte contre le réchauffement climatique. A l'heure où l'Amazonie brûle, les forêts européennes aussi souffrent et n'ont jamais été aussi vulnérables.

Plusieurs effets se conjuguent et fragilisent nos forêts qui meurent, si j'ose dire, « à petit feu » : sécheresses à répétition, fortes chaleurs, attaques parasitaires, dégâts de gibiers croissants...

Plus aucune essence n'est épargnée !

A ce stade les dégâts dans les grandes régions forestières se chiffrent à 2 millions de m3. On craint 5 à 6 millions de m3 au printemps prochain car beaucoup d'arbres ne repartiront pas.

A la catastrophe écologique s'ajoute le désastre économique : des communes forestières privées de ressources, des marchés saturés, des prix qui chutent et demain des trous de production qui ne permettront pas d'alimenter les besoins en constructions, charpentes....

Le risque incendie aussi s'intensifie et se répand, menaçant des régions plus au Nord.

Face à ces réalités liées au changement climatique qui s'accélère, il nous faut dès à présent adapter nos forêts : privilégier des essences plus résistantes, plus frugales en eau, diversifier et mélanger les peuplements, changer les méthodes sylvicoles...

L’Allemagne vient de mobiliser 800 millions d'euros pour soutenir sa filière et plante 300 millions d'arbres. La Pologne, l’Australie, la Chine et la Russie sont respectivement à plus d'1 milliard de plants quand la France est à 70 millions.

Ces pays ont bien compris l'enjeu d'une forêt renouvelée, productrice de bois d'œuvre et puit de carbone.

Les forestiers tentent depuis des mois de récolter et de transformer les arbres qui peuvent encore l'être, avant qu'ils ne soient trop atteints.

C'est une course contre la montre pour tenter d’endiguer la progression des parasites, chercher des débouchés afin de ne pas tout perdre, transporter des bois vers les régions qui sont en demande.

Pour cela, il leur faut un accompagnement public, de l'ingénierie sur les territoires, pour conseiller les 3,5 millions de propriétaires privés gérés par le CNPF.

La France est riche d'une forêt multifonctionnelle de 17 millions d'hectares, créatrice de 400 000 emplois. Une forêt qui sert à la fois les intérêts environnementaux, économiques et sociétaux, mais qui n'est toujours pas reconnue pour ses bienfaits !

A quand une valorisation des forêts puits de carbone ?

A quand un plan d'adaptation aux changements climatiques pour renouveler nos essences ?

A quand un ONF restructuré, pour tracer la voie ?

La forêt est une des solutions au changement climatique. Ne la regardons pas en devenir la victime sans réagir !

 

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