Une Élue en action

Si les exportations vers le Canada sont globalement en hausse, notamment pour le chocolat belge, le jambon italien, les fromages, les fruits ou les produits pharmaceutiques, elles ne doivent pas masquer des réalités plus dérangeantes. En effet, certains produits français subissent des pratiques commerciales déséquilibrées comme les vins et spiritueux pour lesquels les taxes à l'importation ont augmenté. 

Ainsi, la Colombie-Britannique limiterait les ventes de vins étrangers en grande surface. L'Ontario appliquerait des taxes de 60 centimes de dollars canadiens par litre, tandis que les vins nord-américains ou chiliens bénéficieraient de réductions de 30 centimes par litre. 

La situation des vins et spiritueux européens au Canada se serait donc globalement détériorée ces derniers mois. Sachant que ce pays est le quatrième marché pour les vins et spiritueux de l'Union européenne, cette situation n'est pas tenable ! 

 

La vigilance est aussi de rigueur à propos du secteur de la viande bovine. Même si les importations de bœuf canadien n'ont pas encore commencé, nous savons que la production canadienne repose sur l'engraissement d'animaux en feedlot, sans aucun accès aux pâturages, élevés aux hormones de croissance avec le recours de farines animales, d'antibiotiques et d'autres substances chimiques interdites en France et dans l'Union européenne. 

Ce mode de production est en totale contradiction avec l'article 44 de la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (ÉGALIM) récemment voulue et adoptée par la majorité gouvernementale. 

Et pourtant, à ce jour, ni le CETA ni la réglementation européenne n'interdisent l'importation de viande canadienne issue de ces feedlots. 

Le contingent des 64 500 tonnes à droits de douane réduits, obtenu après d'âpres négociations, peut donc, à tout moment, inonder le marché français et européen. Je dis « inonder », car chacun sait que ces importations concerneraient essentiellement les morceaux les plus rémunérateurs pour nos éleveurs, comme l'aloyau. Connaissant les difficultés que rencontre la filière, cette situation est inacceptable. 

Le gouvernement a indiqué qu'il restait vigilant, sans pour autant invoquer "l'exception agricole" pour le secteur si sensible de l'élevage bovin.

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