Une Élue en action

Lors de la séance de questions orales du 24 juillet, j’ai interrogé le secrétaire d'État auprès du ministre de l'action et des comptes publics sur la possibilité de facilité financièrement la mise en valeur l’atout forestier de la France au regard des objectifs de neutralité carbone.

 

La filière forêt-bois permet de capter du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, et de l'incorporer dans les matériaux et les sols. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), « les arbres ont le plus grand potentiel pour réduire les émissions de CO2 », à condition que les forêts soient jeunes, adaptées au changement climatique et gérées durablement.

Il serait donc pertinent d'accompagner la dynamique et le renouvellement de la forêt française, comme le préconise le programme national de la forêt et du bois (PNFB), pour absorber plus de CO2, en mobilisant la contribution « climat-énergie », financée par les émetteurs de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

Une partie de cette contribution pourrait venir alimenter le fonds stratégique forêt-bois, et être fléchée pour financer le renouvellement. Un euro par tonne de carbone prélevé sur la contribution climat-énergie suffirait à approvisionner le fonds à hauteur de 200 millions d'euros par an. Cette mesure permettrait d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, telle que fixée par le plan climat en juillet 2017, dans le prolongement de l'Accord de Paris sur le climat conclu en décembre 2015.

Même si le CO2 n'est pas considéré comme un polluant, il en a pourtant les caractéristiques sur la santé. Cette initiative aurait donc du sens, à la suite de l'assignation de la France par la Commission européenne devant la Cour de justice de l'Union européenne pour une pollution de l'air excessive le 17 mai 2018.

J’ai ainsi demandé si ce dispositif pourrait être envisagé dans le projet de loi de finances pour 2019.

La réponse de M. Dussopt a été décevante puisqu’il semble qu’il n’y ait aucun problème à ses yeux et que les moyens soient bien suffisants !

Mais non, les moyens ne sont pas suffisants! Alors que le fonds stratégique prévoit 100 millions d'euros pour la filière, seulement 25 millions d'euros ont été mobilisés l'année dernière, 18 millions cette année ! 

Nous récoltons les fruits des années passées, mais nous ne créons pas les conditions de préparation de l'avenir ! 

Non seulement la filière bois pèse 500 000 emplois (autant que la filière automobile), mais elle est incontournable pour nous permettre de relever le défi de la neutralité CO2 en 2050 !