Une Élue en action

Dans son discours devant le Parlement réuni en Congrès, le 3 juillet 2017, le président Macron a confirmé son intention de proposer une réduction d’1/3 du nombre de parlementaires.

Les arguments en faveur de la réforme sont principalement axés autour des économies que permettrait une telle mesure. Or, compte tenu de la diversité des charges parlementaires, une baisse d’un tiers du nombre d’élus ne réduirait pas le budget dans les mêmes proportions mais seulement de 20%, soit 100 millions d’euros (chaque parlementaire disposant de moyens plus importants).

Par ailleurs, le nombre de députés a cru moins vite que la population française : + 40% pour les députés, + 62% pour la population depuis 1962. Avec 114 000 habitants par député, la France se situe exactement au niveau de ses voisins de même taille. Avec un tiers d’élus en moins, le ratio serait de 171 500, ce qui n’a pas d’équivalent au sein des démocraties européennes et réduirait beaucoup la représentativité des parlementaires…

Les arguments liant inefficacité de l’Assemblée et nombre d’élus semblent infondés dans la mesure où rien ne lie cette inefficacité au nombre. Par ailleurs, le nécessaire pluralisme parlementaire fait douter des vertus organisationnelles d’une assemblée plus resserrée.

La mise en œuvre du projet, couplé éventuellement à l’introduction d’une dose de proportionnelle dans l’élection des députés, entrainerait des conséquences variées : un redécoupage important et généralisé des circonscriptions, l’augmentation de la prime majoritaires avec l’augmentation de la taille des circonscriptions, une hausse du seuil de saisine du Conseil constitutionnel, la possibilité que ces vastes circonscriptions n’accaparent le temps, l’attention et les ressources des parlementaires ou encore l’effet mécanique d’un agrandissement des circonscriptions sur une moindre diversité des profils des élus…

Copyright © 2018 ANNE CATHERINE LOISIER - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public