Une Élue en action

Je suis intervenue au nom du groupe UC sur la Mission agriculture du PLF 2018. J'y évoque notamment les thèmes de la forêt et de l'élevage.

 

La forêt constitue un capital exceptionnel pour la France, en termes de réponse aux enjeux climatiques, économiques et sociétaux. Cette ressource, la 4éme d’Europe à ce jour, n’est pas pour autant immuable !

Actuellement, nous coupons ce que nos parents et grands-parents ont planté, mais nous ne replantons pas suffisamment ! On parle de tensions sur la ressource en chênes pour nos scieries et il existe une réelle inquiétude sur les peuplements de résineux…

Pourtant, à la lecture des crédits de la mission forêt, on peut s’interroger sur la volonté ministérielle à atteindre les objectifs fixés :

    · Symptôme d’une déconsidération, le programme 149 forêt a été supprimé en 2017, confondant les crédits forêt et ceux consacrés à l’économie agricole,

    · Le fonds « stratégique » est raboté, passant de 25 à 18 millions d’euros alors que l’ambition initiale était de l'alimenter à hauteur de 150 millions par an…

Le budget Forêt présenté se résume finalement à financer l’ONF : 70% de l’enveloppe, soit 175,2 millions, toutes missions confondues lui reviennent. Est-ce bien sérieux quand on sait que l’essentiel de la mobilisation supplémentaire  visée par le PNFB est stockée dans les forêts privées !

L’argent de la forêt doit être fléché sur des politiques publiques forestières et régénérer le capital, sans cela nous préemptons l’avenir des générations qui suivent !

En matière d’élevage, la France a choisi une politique d’une rare complexité, couteuse et qui ne permet pas d’investir dans l’avenir, avec pour conséquences une perte de compétitivité des filières françaises qui désespèrent nos professionnels. Ces derniers demandent un cadre législatif et réglementaire propice à des relations commerciales apaisées et permettant à chaque acteur d’être justement rémunéré.

Nos éleveurs doivent pouvoir valoriser leur modèle de production de viande, et plus largement d’agriculture, à la française : des exploitations majoritairement familiales et des vaches nourries à 80% d’herbe, ou d’aliments produits par l’éleveur. Ces pratiques vertueuses sont couteuses et justifient que l’on favorise la consommation de viandes françaises dans les restaurants collectifs publics, notamment, où 70% des viandes bovines et 90% des viandes ovines servies sont encore issues de l’importation.

Surtout, il est essentiel de s’assurer de la cohérence des politiques publiques, en refusant l’importation de viandes ne répondant pas aux mêmes normes de production et critères de qualité que les viandes françaises. Or, avec le CETA ou le Mercosur, près de 200 000 tonnes de viande bovines issues d’animaux engraissés aux farines animales et autres activateurs de croissance viendront concurrencer les viandes françaises issues du cheptel allaitant.

Toute politique agricole visant à améliorer les pratiques des producteurs français pour mieux répondre aux attentes des consommateurs, sera vouée à l’échec si, dans le même temps, les viandes françaises subissent la concurrence déloyale de produits issus de systèmes peu, ou pas réglementés. 

Vous pouvez retrouver mon intervention sur ma chaîne YouTube.