Une Élue en action

La délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation vient de publier un nouveau rapport d'information sur "Les nouvelles technologies au service de la modernisation des territoires". 

Jacques MÉZARD et Philippe MOUILLER, auteurs du rapport confient : "Notre démarche de mise en valeur des bonnes pratiques pour encourager la diffusion des innovations nous parait bien plus pertinente que celle qui consiste à proposer toujours plus de normes."

Tour d'horizons du diagnostic et des préconisations sénatoriales.

 

 Qu’est-ce que les collectivités territoriales peuvent attendre des nouvelles technologies aujourd’hui ? 

Jacques MÉZARD : L’attractivité et le dynamisme local dépendent aujourd’hui de technologies et de savoir-faire qui rendent nos territoires plus « intelligents », mais surtout économiquement plus efficaces, socialement plus équitables et écologiquement plus durables. Le numérique, mais ce n’est évidemment pas le seul exemple, est en train de bouleverser nos politiques publiques : services en ligne dématérialisés, éclairage public intelligent, collecte de données pour gérer en temps réel la production et la consommation d’énergie, capteurs pour mesurer la qualité de l’air, offre de transports collectifs au plus près des besoins des usagers, stationnement intelligent, collecte des déchets intelligente, plateformes numériques de participation citoyenne, services de télémédecine, surveillance des risques d’incendies par drones, vidéo-protection, etc. Cette liste des avantages liés la révolution numérique est longue et loin d’être exhaustive. Elle montre surtout que les nouvelles technologies peuvent contribuer à rendre un meilleur service public et simplifier la vie quotidienne des usagers.

Philippe MOUILLER : Dans le cadre de leurs compétences locales, que ce soit en matière d’aménagement numérique, d’énergie, de transport et de mobilité, de gestion des déchets, de santé ou encore de sécurité, les collectivités peuvent tirer un grand bénéfice des nouvelles technologies.  Ces nouveaux usages ne sont évidemment pas sans conséquences. Certes, ils nous obligent à nous adapter, à nous moderniser. Mais ils peuvent surtout être une source d’économies et une réponse à nos difficultés budgétaires. Lorsqu’une municipalité fait le choix d’installer un détecteur de présence dans les vestiaires des bâtiments sportifs communaux, elle peut optimiser l’utilisation du chauffage ou des lumières et réduire sa facture énergétique.

 

 

À quoi ressembleront les territoires de demain et comment s’assurer d’une transition harmonieuse ? 

Jacques MÉZARD : Ce seront des territoires interactifs qui nous permettront, grâce aux technologies connectées, de gérer en temps réel une palette de services (stationnement, transport, énergie, tourisme, santé, sécurité, etc.). Ces territoires, à haute efficacité énergétique, seront plus économes en énergies fossiles, plus ouverts aux énergies renouvelables et s’appuieront sur des réseaux intelligents. Les nouvelles technologies permettront aussi d’encourager la mobilité durable, d’améliorer la collecte, le tri et le traitement des déchets, ou encore de faciliter la vie administrative de ses usagers. En matière de santé et d’aide aux personnes âgées par exemple, les technologies numériques représentent déjà un formidable espoir pour répondre au défi des déserts médicaux. Enfin, le territoire de demain, sera sans doute un territoire plus sûr grâce aux technologies au service de la protection des personnes et des biens.  

Philippe MOUILLER : La transition harmonieuse vers ces territoires du futur est effectivement conditionnée. À la couverture numérique de tous les territoires d’abord. Il est inacceptable que subsistent dans notre pays des zones blanches ou des déserts numériques. L’intervention de l’État est indispensable pour contraindre les opérateurs à assurer un égal accès des usagers au numérique, et veiller à la péréquation en faveur des territoires ruraux. À l’accompagnement des populations dans la transition numérique et à la protection des données personnelles ensuite. Ce sera un enjeu majeur dans le cadre de l’explosion du nombre des données collectées. Il conviendra aussi de soutenir nos start up innovantes. Enfin, sur le terrain, il sera nécessaire de concevoir des projets collaboratifs, expérimentés à différentes échelles territoriales. Ce qui implique, en amont, de réfléchir à la compatibilité, à l’échelle nationale, des systèmes qui seront développés dans les différents territoires. L’administration devra évidemment donner l’exemple et encourager la transition numérique des services publics.